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Coup sur coup notre pays a été touché par la résurgence du sérotype 8 de FCO chez les ruminants, et par l’apparition de trois sérotypes d’influenza aviaire hautement pathogène chez les volailles.

 

Les premières expertises de l’ANSES tendent à indiquer que dans les deux cas notre système de surveillance n’a pas permis de déceler précocement ces infections, avant qu’elles ne soient largement répandues, ce qui complique singulièrement les mesures de gestion (150 foyers de FCO touchant 15 départements et 69 foyers d’IAHP touchant 8 départements la semaine dernière).

L’avis du 14 décembre 2015 relatif au risque Influenza aviaire est disponible sur ce lien.

L’avis du 22 décembre 2015 relatif à « l’évaluation du risque lié à la réapparition du sérotype 8 de la FCO en France continentale» est consultable sur ce lien et est très bien résumé dans cet article de la semaine vétérinaire.

 

Les services vétérinaires ont connu entre 2004 et 2014 une diminution de 20% de leurs ressources humaines, soit 1 000 agents, en moyenne 10 par département. Les rapports annuels de performance du programme 206 piloté par la DGAl montrent que les dépenses consacrées à la prévention et à la lutte contre les maladies animales étaient de l’ordre de 300 à 350 millions d’euros entre 2006 et 2010. Elles ont ensuite baissé pour se stabiliser à moins de 200 millions d’euros.  Nous savons pourtant que les moyens publics consacrés à ces enjeux sanitaires sont très inférieurs à ceux des pays comparables (le ministre Stéphane Le Foll a récemment indiqué qu’ils sont 2 à 3 fois inférieurs).

Ne commençons nous pas à payer au prix fort la facture des économies passées ?

 

La nouvelle gouvernance sanitaire relève du principe d’une plus grande responsabilisation des filières et d’une réduction des moyens de l’Etat. Si la seconde partie de l’équation est démontrée, la première mériterait d’être vérifiée. Cette ‘nouvelle gouvernance’, créée par la loi du 27 juillet 2010 de modernisation de l’agriculture et de la pêche suite à la première crise FCO, n’a-t-elle pas sous-estimé la responsabilité de l’Etat dans la maîtrise des enjeux régaliens de sécurité sanitaire ? Est-elle adaptée pour gérer aussi bien les maladies économiques que les zoonoses ?

 

Parallèlement, les acteurs classiques du sanitaire, ceux qui avaient construit le modèle sanitaire français et qui ont fait leurs preuves depuis des décennies, sont malmenés. Les liens se distendent entre les services de l’Etat et les vétérinaires sanitaires qui s’estiment peu considérés et regrettent le désengagement progressif de l’Etat. Les laboratoires publics sont soumis à la discontinuité de la commande publique, aux réformes territoriales et à la concurrence disproportionnée de groupes privés.

N’avons nous pas déstabilisé le trépied sanitaire historiquement fondé sur la coproduction de ses acteurs (DSV-LVD, vétérinaires, éleveurs) ?

 

Pour répondre à ces questions, le SNISPV a demandé au ministre qu’un retour d’expérience soit organisé (courrier du 18 janvier sur ce lien). Il n’est évidemment pas question de remettre en cause l’engagement de chacun mais de voir si notre système collectif présente la performance attendue ou bien s’il mérite d’être amélioré.

 

Nous vous signalons également deux documents intéressants de la Fédération des syndicats vétérinaires de France (FSVF) :

 

  • Le premier, du 27 mars 2015, formulait des recommandations dans le cadre de la préparation de l’Ordonnance relative à la surveillance et s’inquiétait déjà de certaines fragilités (sur ce lien).

  • Le second, du 29 juin 2015, est une contribution au Conseil national de la santé publique vétérinaire pour une meilleure prise en compte des enjeux zoonotiques et du concept ‘One Health’ dans la gouvernance sanitaire (sur ce lien).

 

 
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